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Faisant
suite à ces travaux et parallèlement à
d’autres études expérimentales, des simulations
d’écoulements instationnaires sont également
effectuées. Plusieurs formes de débits sont étudiées
: oscillant, pulsé simple et pulsé physiologique.
Ces travaux mettent en évidence l’importance du caractère
instationnaire sur la dynamique des écoulements et la
dépendance des caractéristiques post sténotiques
par rapport à la forme de débit considéré.
Ces résultats sont intéressants dans la mesure où
dans des situations naturelles la forme du débit et plus
particulièrement la pente de l’accélération
systolique dépend du site anatomique que l’on étudie.
Dans le cas d’écoulements pulsés physiologiques,
une comparaison numérique-expérimental montre un bon
accord des résultats.
Suite aux études
expérimentale et numérique des champs de vitesses
instationnaires, une analyse post sténotique de la
répartition du frottement pariétal a été
réalisée. Selon Ku et al. (1997), les mesures
expérimentales de frottement pariétal ne sont
qu’estimées et peuvent faire apparaître des erreurs
de l’ordre de 20 à 50%, d’où l’importance des
simulations numériques. Par ailleurs, l’étude des
interactions entre hyperplasie intimale et évolution du
frottement pariétal fait apparaître de fortes
corrélations entre les zones de faibles valeurs et/ou les
zones de valeurs oscillantes du frottement pariétal et
l’épaississement intimal. Par contre, les zones de fortes
valeurs du frottement pariétal sont généralement
épargnées par l’épaississement. Toutefois
il est intéressant de constater qu’une fois les plaques
d’athéromes formées, les fortes valeurs du
frottement peuvent conduire à des complications résultant
de l’arrachement cellulaire (Giddens et al. 1990). Il apparaît
donc de première importance de déterminer
correctement l’évolution temporelle du frottement
pariétal en aval d’une sténose artérielle.
Afin
de valider les résultats numériques, une méthode
semi-expérimentale a été mise au point. Pour
se préserver de possibles erreurs de mesures de vitesse en
paroi, une méthode polynomiale, utilisant les valeurs
expérimentales de la vitesse sur l’axe de symétrie,
permet de déterminer l’évolution temporelle du
frottement pariétal dans la proximité aval de la
sténose. Différentes formes de débit ont été
étudiées, nous présentons ici le cas d’un
débit pulsatile comportant une partie négative. Sur
chaque courbe le comportement infini amont est présenté
afin de pouvoir comparer avec un comportement défini comme
étant celui d’une artère saine.
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Il
est noter que pour des abscisses proches situées en aval de
la sténose la présence de cette dernière fait
« travailler » l’artère en sens contraire
d’une artère saine. Ce comportement dure pendant une
importante partie du cycle : de l’arrivée des structures
tourbillonnaires (pendant la phase d’accélération)
jusqu’à la phase d’inversion du débit. Ce
dysfonctionnement de l’artère correspond à un
plateau de faibles valeurs négatives qui représente
une zone figée de recirculation c’est à dire une
zone de stagnation. Dans cette zone de faibles valeurs le
cholestérol peut s’accumuler et causer des sténoses
plus sévères. En fait, Giddens et al. (1990) ont
montré que les plaques d’athéromes ont tendance à
se développer dans les sites de faibles valeurs du
frottement pariétal. L’évolution globale fait,
quant à elle, apparaître une combinaison de faibles
valeurs négatives et oscillantes du frottement pariétal
pendant le cycle ce qui laisse suggérer la formation d’un
nouvel épaississement intimal en aval d’une sténose
déjà existante.
Enfin, il est intéressant
de regarder l’évolution du frottement à la gorge
de la sténose. Il est bien connu qu’à cette
abscisse le frottement pariétal est très élevé
à cause de l’effet de jet issu de la constriction. Selon
Ku et al (1997), de hautes valeurs du frottement pariétal
peuvent activer les plaquettes et induire des thromboses qui
peuvent bloquer totalement l’écoulement.
La
comparaison des résultats numériques avec ceux
obtenus par la méthode semi-expérimentale montre une
bonne corrélation pendant une grande partie du cycle.
Toutefois durant la fin de la décélération et
le début de l’accélération, il apparaît
des différences qualitatives et quantitatives.
Qualitativement, les résultats numériques montrent
des oscillations des valeurs du frottement pariétal qui
n’apparaissent pas expérimentalement. Les résultats
expérimentaux sont obtenus en moyennant sur 40 périodes
dans un volume de mesure de l’ordre de 2 millimètre cube
et un échantillonnage à 0.01s; les résultats
ainsi obtenus ne peuvent donc que faire apparaître les
phénomènes d’échelle importante.
Quantitativement, à partir de z=2.4cm les valeurs
expérimentales sont plus faibles que les valeurs
numériques. Le processus de turbulence peut en partie
expliquer ces différences. Le modèle numérique
utilisé est un modèle laminaire qui ne peut donc pas
tenir compte des deux types de turbulence induits par ce genre
d’écoulement. En effet, le caractère pulsatil de
l’écoulement génère de la turbulence “en
temps”, au début de la décélération,
et de la turbulence “en espace” est générée
par la présence de la sténose elle-même. Le
processus turbulent implique plus de dissipation donc un
frottement plus faible expérimentalement.
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